ô Amour... tu es notre Dieu !

19 février 2006

Ne jugez pas !

Chère Maman,

Si vous connaissiez l'admirable sanctuaire qui est en vous! Il semble que vous viviez superficiellement, ne voyant jamais que l'importance du côté extérieur des choses de toute catégorie, depuis le caractère humain, jusqu'à ces beautés et ces laideurs de la nature qui s'offrent à votre regard ?

Mais vous ne pénétrez point dans le centre même de ce qui vous entoure, de ce que vous touchez, de ce que vous voyez. Le caractère humain par exemple !... vous vous arrêtez à ses manifestations extérieures, simples réflexes d'un état qui est en soi-même la seule réalité. Qu'importe le rire de la gaieté, la brusquerie de la colère, le baiser de la tendresse, la parole du mensonge, le regard de l'adultère, l'élan de la bonté... Oh, qu'importe, qu'importe ces mouvements qui sont uniquement des gestes, alors que l'impulsion donnée par l'âme est le fait positif qui prouve et qui produit. Vous vous arrêtez à ces signes extérieurs, mais tout ce qui existe véritablement, reste invisible aux yeux insouciants de la créature matérielle.

Ceci n'est pas seulement la cause des jugements prématurés et injustes, mais aussi de l'importance que vous donnez aux détails insignifiants de la vie. Il semble que ce manteau dont votre esprit se pare ou se masque, soit la " robe de noce " dont vous parle l'Evangile ! Vous la trouvez suffisamment belle pour vous préparer à entrer ainsi dans la " salle du banquet" , et vous jetez souvent un regard sans charité, sur ce que vous devinez des préparatifs de la vêture de vos frères. Tout ceci, qu'est-ce donc ? un voile jeté sur les palpitations d'une âme vivante sincère ou fausse, ardente on nonchalante, sanctifiée ou pervertie.

Vous ne devez pas juger les autres hommes, car vous ne savez pas vous juger vous-même : quelle garantie de justice offre votre jugement sur autrui? En ce qui vous concerne, cessez de vous complaire dans les résultats extérieurs de vos efforts : tant que vous n'aurez pas modifié votre âme la plante - vous n'obtiendrez que des fleurs sans parfum. Je veux dire ici, qu'il faut réaliser l'unité de la vie et j'entends par la vie, celle de l'âme immortelle et de la chair temporelle. Vous n'êtes pas divisible, votre chair " fait partie " de votre âme. Si la civilité et les habitudes acquises corrigent les manifestations extérieures de votre personnalité, et que votre âme reste imparfaite, parfois même corrompue, vous partagez en deux votre être immortel; le "vêtement de noce " est inutile , il recouvre un corps infirme, hideux même. Il sera arraché! vous êtes nus.

C'est à l'unité que nous devons ramener toutes choses: " Un royaume ne peut être divisé contre soi-même " ,or, l'unité ne s'accomplira que dans l'amour; vous devez commencer par vous aimer vous-même, en vue du bien. " Tu aimeras ton prochain comme toi-même " s'aimer soi-même c'est rechercher l'unité du beau et du bien en soi, par soi, envers soi. Vous n'y arriverez qu'en créant l'unité !

Pierre 25/2/1919