ô Amour... tu es notre Dieu !

06 septembre 2005

La conscience : Voix du Saint-Esprit...

11 août 1930.

Maman chérie,

Il y a, dans la vie spirituelle de l'homme, un point que je n'ai pas encore médité avec toi dans nos entretiens : c'est celui de la conscience, et j'entends par ce nom la voix intérieure que tout homme sérieux connaît, qu'il soit croyant ou athée, chrétien ou libre-penseur... (je fais une différence entre ces deux états de l'âme, parce que le libre-penseur peut se réclamer de la doctrine chrétienne, mais en fait, il n'accepte point la soumission parfaite à la méthode du Christ). Qu'est-ce que la conscience, qui vous incite au bien; qui vous montre en tout mal un cas dangereux et méprisable qu'il faut repousser; qui vous approuve, ou vous comble de tels reproches que parfois le criminel cherche dans la mort la délivrance du jugement sévère qui le poursuit nuit et jour ? Qu'est-ce que la conscience?... A cette question, répondez sans hésiter : " La voix du Saint-Esprit ", son moyen de se manifester par une action qui soit accessible à l'être humain, si souvent trop indifférent aux lois de la morale, pour ne pas invoquer et blâmer son insouciance de la loi divine. La conscience, en réalité, ne fait pas partie de vous, ni de votre " combinaison psychique ", si je peux dire; elle vient du dehors, et c'est le Saint-Esprit inspirateur, directeur, qui s'adresse ainsi à vos sens spirituels... c'est Dieu. En ceci, comme en toutes choses, Dieu ne s'impose pas; il est toujours loisible à l'homme d'étouffer le murmure qui, cependant, est une preuve magnifique de l'intérêt du Père pour les âmes vacillantes de ses faibles enfants. Le Maître a le pouvoir de se faire obéir en disant : ", Je veux ", mais le Père demande tendrement : " Exauce-moi ! " car son amour est une prière éternelle qui implore l'amour. Voilà pourquoi les appels de la conscience peuvent demeurer sans résultats, puis, peu à peu, se perdre, pour l'esprit uniquement préoccupé de soi-même, voué à l'égoïsme jusqu'à la cruauté, jusqu'à l'indifférence meurtrière... je veux dire meurtrière de ce " soi-même ", dont j'ai parlé plus haut. Si la conscience faisait partie de l'organisme humain, son inaction voulue l'atrophierait à jamais, sans possibilité de renaissance; détruite en quelque sorte, la volonté elle-même de l'être humain ne parviendrait plus à la reconstituer. 'Mais la conscience ne fait point partie de l'organisme de l'homme; la conscience, c'est la Parole secourable de Dieu, c'est son Christ éternel, son Esprit d'Amour, toujours prêt à répondre quand l'âme déchue est au bord de l'abîme... encore hésitante, bien que livrée déjà, sans aide, aux promesses de Satan, à ses conseils perfides, à son attirance mortelle.
Avant même que cette âme, fille de Dieu, ait imploré l'unique secours qui puisse la sauver, le Christ, " qui a porté les péchés du monde " sur l'autel de la Croix, s'offre de nouveau, en étreignant dans ses bras, qu'il a comparés à ceux d'un berger , la brebis imprudente, la brebis coupable et méchante; il lui parle amoureusement, sévèrement : cette tentative par Dieu et l'Esprit-Saint, c'est la voix de la conscience. Chaque fois où vous entendez raisonner en vous les regrets, le remords des fautes passées, ou le solennel avertissement devant un acte criminel, sachez-le donc, ce n'est pas seulement un écho, un souvenir, un recul de la pureté de votre âme effrayée qui vous retient... mais c'est Dieu, Dieu qui vous aime ! J'ai vu parfois en toi, Maman mienne ,et c'est la raison qui m'a fait choisir ce sujet pour mon message), une sorte de trouble quand tu reçois l'approbation de ta conscience, parce qu'il te semble manquer d'humilité vis-à-vis de toi-même...rassure-toi, et rassure les autres; c'est Dieu... (Dieu qui, en Christ, a été tenté en toutes choses ") , Dieu qui condamne et qui absout, c'est Dieu qui te dit - " C'est bien! " , ce n'est pas toi.
Prêtez donc une oreille obéissante et respectueuse aux murmures de votre conscience; elle ne saurait pas vous tromper, Christ vous l'a promis : " Je reste avec vous jusqu'à la fin du monde " .

12 août 1930
Voilà pourquoi, chère Maman, après avoir confessé votre péché, ce péché qui vous accable, Dieu seul vous donnera l'absolution, puisque vos remords les plus sincères sont le reproche de son Amour, et que Lui seul reste juge de votre acquiescement à ses remontrances douloureuses. Je le dis encore : la voix de votre conscience n'est pas votre voix, mais c'est Dieu qui s'adresse à vous quand vous entendez des paroles sévères ou approbatrices; il vous faut, par conséquent, mettant votre conduite d'accord avec votre esprit contrit et soumis, témoigner de cette façon votre obéissance et votre amour.
Quand la mère reprend son enfant méchant, l'attitude changée du petit coupable est sa réponse; mais l'observance fidèle du conseil ou de l'ordre donnés prouve seule que le jeune cœur est modifié. Qui pourrait se substituer à la mère, qui accorde le pardon à l'enfant qu'elle aime, et dont elle cherche à façonner l'âme dans la droiture et la justice?
Mais de tout ce que je t'ai dit jusqu'ici, il ne faudrait pas déduire que vous n'êtes pas responsables de l'altération de votre conscience; certes, ce que vous devez appeler votre conscience, c'est, au fond de vous-même mes, l'écho de cette voix sainte qui cherche à vous guider; vous avez le droit de vous refuser à l'écouter, comme un soldat peut se révolter contre la discipline ou encore se boucher les oreilles pour ne point entendre l'ordre passé... direz-vous qu'il ne soit pas condamnable?
Ce n'est pas lui qui a commandé, mais c'est lui qui n'a pas voulu obéir. De même, appelez votre conscience : " la résonance d'une voix extérieure ", pour mieux comprendre toute votre responsabilité... d'autant plus grande que se dresser contre les objurgations perçues par votre ouïe spirituelle, c'est vous rebeller contre Dieu, et céder aux paroles flatteuses de Satan qui vous entraîne vers la perdition. En, un mot, vous n'êtes pas seuls devant le Bien et le Mal : Dieu vous réclame, Satan vous induit en tentation, et votre rôle (le plus noble de tous!) c'est de repousser le Tentateur et d'ouvrir votre âme au Bienfaiteur qui vous aime et vous appelle. Je n'ai pas voulu dire que le rôle de l'homme, devant la voix mystique dont il entend les paroles sonores émouvoir son âme, soit le " laisser dire ". Ah ! non, Mère chérie, puisque c'est là une preuve de votre foi et de votre amour pour votre Père; son jugement s'exercera en conséquence. Réfléchis à tout ceci : tu conviendras que je vous annonce l'Evangile... la Loi d'Amour.

13 août 1930
Chère Maman,
Vous devez comprendre, en somme, qu'une confusion de termes peut vous conduire à la confusion de leur signification. Si vous admettez ceci : " Nous avons conscience de notre conscience ", si vous disséquez le sens concret et abstrait de cette considération, vous conviendrez que je n'ai pas cherché à vous détacher moralement de l'acte qui se passe au dedans de vous, en le montrant extérieur, étranger au mouvement personnel de votre psychisme; il est îndispensable que celui-ci vous rende conscients de ces appels, de ces avertissements, de ces blâmes tragiques et de ces approbations qui, sans cela, resteraient sans effet... comme, hélas! il advient pour ceux qui ont imposé silence à la voix de l'Esprit.
La responsabilité de l'homme reste d'autant plus entière et plus grande, qu'il est bien plus coupable en méprisant la Voix de Dieu que si cette voix solennelle était un simple réflexe d'autognose. Plus que coupables, vous commettez le " blasphème contre le Saint-Esprit ", quand vous fermez vos oreilles à la voix miséricordieuse qui cherche à vous maintenir sur le chemin du Ciel... or, le Christ vous l'a dit, ce péché, qui est la méconnaissance de l'action divine, ne sera point pardonné... , non pas que le Dieu d'Amour repousse le pécheur contrit, mais c'est celui-ci qui, se détournant obstinément et refusant d'accepter la sainte autorité du Maître, s'anéantit volontairement.
Relisez les récits des Évangélistes qui rappellent les paroles mêmes de Jésus : les Juifs s'indignaient et l'accusaient de chasser les démons par le Prince des démons : "Quiconque aura blasphémé contre le Saint-Esprit n'en obtiendra jamais le pardon". Tel est le rapport de Marc. Et celui de Luc : "Quiconque aura parlé contre le Fils de l'Homme, il lui sera pardonné; mais à celui qui aura blasphémé contre le Saint-Esprit, il ne lui sera point pardonné".
Ah ! mes frères, ne donnez pas au Christ céleste la douleur de voir négliger ses avertissements solennels; vous pouvez faire souffrir le Fils de Dieu, c'est-à-dire l'Amour de Dieu, en renonçant au bénéfice qu'Il vous acquit dans ses souffrances terrestres. Le "blasphème contre le Saint-Esprit" est la suprême souffrance de Dieu. "N'attristez pas le Saint-Esprit", je vous le dis encore : c'est la Voix du Conducteur, de l'Instructeur, du Consolateur... qui se fait entendre lorsque vous frémissez de joie, de regret ou de honte quand parle votre conscience.

Pierre Monnier / Tome VI / Pages 341-345 / Editions Fernand Lanore.

2 Commentaires :

  • comme de l'eau la conscience divine descend du ciel elle irrigue jusqu'au plus infimes parties de notre corps.
    Avoir la joie de prendre conscience de cette conscience, c'est s'embraser, rentrer dans l'esprit, s'illuminer.
    Reconnaître Dieu dans sa douceur et sa bonté.
    Oui la conscience est esprit, la conscience est Saint-Esprit.

    By Anonymous Anonyme, at 03 octobre, 2005 18:29  

  • Merci Eric...
    C'est vrai. Il nous faut la suivre dans la mesure de nos moyens. A bientôt.
    Yvan

    By Blogger yvan, at 07 octobre, 2005 23:47  

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