Le doute !
22 février 1920.
Oh ! ma petite Maman, le doute est un élément de destruction et de ruine, mais celà vient uniquement de ce que, lorsque vous doutez (soit dans un ordre d'idées ou dans un autre), le plus souvent, au lieu de saisir ce doute " à la gorge", dans une lutte pour la vie ou la mort, vous le laissez poser sur votre poitrine un pied vainqueur, avant même d'avoir commencé la bataille. Quelle lâcheté avilissante vous verriez en cette absence d'énergie, s'il s'agissait de toute autre lutte !... s'avouer vaincu et rendre les armes sans combattre ! de quel nom stigmatiseriez-vous cette conduite, si un soldat, aux prises avec l'ennemi, l'adoptait au mépris de son honneur!... et cependant, dans la lutte pour la conquête de la foi, cette attitude inqualifiable est constamment la vôtre.
J'ai dit que le doute était, au premier chef, une cause d'anéantissement et de diminution morale ; le doute est une inspiration venue des plus sombres régions de la pensée humaine. Le doute, en effet, prend le plus souvent la forme de l'orgueil, établissant les conceptions de l'homme sceptique en maîtresse de la raison ; il croit tout savoir... ou plutôt mieux savoir... ce qui est encore plus égocentrique que l'omniscience supposée. L'homme qui doute, met son intelligence au-dessus des connaissances plausibles, et les réfute en bloc, alors même que d'autres intelligences les avaient admises. Il y a pourtant certains doutes qui sont le partage des humbles... ah! que ceux-là prennent confiance ! dans sa parabole, le Christ a montré la récompense de l'humilité dans la foi, lorsqu'Il répéta les paroles du péager : "O Dieu ! sois apaisé envers moi qui suis un pécheur !" Jésus ajoute : "Celui-ci s'en retourna justifié dans sa maison". Nous voyons ici le doute de soi, et non plus le doute, plein d'outrecuidance, qui vise à détrôner Dieu.
Chère Maman, il y a certainement, parmi ces sceptiques, des sincères, qui se disent : "Comment admettre pour règle de vie autoritaire et "déflagrante", (j'entends par là, qui soit à la fois brûlante, lumineuse, et révélatrice des mouvements profonds de l'être) une philosophie, douce et austère, mais qui exige de l'homme les plus grands sacrifices - ceux de la pensée et de la chair, de tout l'égo humain en un mot - pour substituer l'esprit de cette "personne morale" à l'esprit naturel de l'homme. De plus, cette philosophie prétend être la force agissante qui, au nom d'un Supplicié, sera seule capable de donner à l'humanité égoïste, orgueilleuse et cruelle, les capacités morales suffisantes pour l'amener à la bonté, à l'humilité et à l'amour !". Tel est le raisonnement, et il faut avouer qu'il semble logique, puisque la nature animale persiste dans l'évolution humaine. Ne crois pas que je fasse ici allusion à une animalité semblable à celle des êtres inférieurs, et qui aurait été l'état primaire de l'homme : je t'ai déjà dit que la race humaine a toujours été humaine, au temps même où l'homme, (je fais ici une distinction entre "l'homme individu" et "l'humanité, race") où l'homme ressemblait à l'animal qui évoluait à ses côtés : c'était toutefois par la partie matérielle de son être, de son intelligence, de ses instincts, de ses moyens, par son corps aux profondeurs endormies, mais que l'étincelle divine allait réveiller.
Chère Maman, j'affirme que, malgré la vraissemblance du scepticisme honnête, il reste cependant une possibilité de lâcheté mentale et morale dont je t'ai parlé plus haut, lorsqu'un être pensant se reconnaît vaincu par les difficultés de croire, puisque, parmi ses frères dans la famille humaine, tant de chrétiens, convertis jusqu'au centre de leur conscience, de leur intellect et de leur âme, rendent témoignage à leur foi ! Mais il est certain que, tout comme la révélation messianique fût jugée indispensable par Dieu Lui-même, pour prouver son amour et authentiquer son pardon, le témoignage des chrétiens doit revêtir une forme visible et démontrable, dans le but de faire naître des certitudes assez fortes, qui convaincront... qui convertiront... les plus irréductibles entre ceux qui refusent de s'associer à l'armée des soldats du Christ.
J'en reviens toujours à ceci : "le monde n'est pas éclairé, le monde n'est pas transformé, le monde ne sait pas aimer, ni recevoir les dons pleins de consolation, promis dans l'Evangile, le monde, chère Maman, n'est pas sauvé... parce que les disciples du Christ ne sont pas des témoins fidèles, dont l'exemple serait la plus forte preuve qui se puisse donner, de l'efficacité, de la puissance, et de la vérité magnifique de leur foi.
Aussi voyez-vous les divisions, l'indécision et les querelles, agiter l'Eglise. L'un dit : "Je suis de Paul, et l'autre : Je suis d'Apollos".
"Non", répondit l'apôtre aux chrétiens de Corinthe, "vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu".
Cette unité essentielle du corps de Christ qui forme l'Eglise, est réalisée dans le Ciel, doit être réalisée sur la Terre... c'est l'Eglise universelle, l'Epouse chaste qui ne connaît qu'un seul amour.
Que Paul eût à faire ce reproche à Corinthe, nouvellement née aux vérités chrétiennes, ceci ne peut nous surprendre ! mais les chrétiens qui peuplent la Terre, à l'époque où nous vous envoyons ce message du Père, méritent la même douloureuse remontrance !... ces divisions et cette intransigeance orgueilleuse dans vos conceptions théologiques, causent la faiblesse des conversions par l'Evangile tronqué, que vous "enseignez aux nations". Vous prêchez l'amour, ô ministres du Rédempteur, et vous ne savez pas même vous aimez les uns les autres !... Vous croyez à l'amour, brebis du Bon Berger, et vous pratiquez la haine !... Vous anathèmatisez la mondanité, la frivolité et ses vices, disciples de Celui qui n'a pu être "convaincu de péché", et vous admettez toutes les complaisances avec le Mal ! ... Serez-vous surpris alors, de la pauvreté démonstrative de votre foi ?... cette "sagesse" qui doit être celle de Dieu, et confondre les "choses fortes" du monde elles-mêmes !
De la veulerie des chrétiens, est sortie l'indifférence aux questions vitales de la science transcendante des problèmes de l'âme et du Ciel, qui doit conduire l'homme jusqu'aux marches du trône de Christ... "la ressemblance de trône sur lequel règne la ressemblance d'un homme", ainsi que, dans une vision magnifique, le prophète a prévu la gloire du Sauveur qui devait venir. Cette image, chère Maman, est bien le symbole de la vérité, telle que nous apprenons à la connaître dans notre sphère, gouvernée si spécialement par le Parfait-Amour ; la ressemblance de Trône, c'est la puissance du Christ-Dieu, et la ressemblance d'homme c'est Sa tendresse humaine, éclairée par Son épreuve terrestre.
Mais ces spectacles révélateurs, vous ne savez plus les obtenir de la faiblesse de votre foi ! Serait-il possible à une foi aussi diminuée, infirme, impotente, puis-je dire, de prouver, par des miracles au nom du Ressuscité, la victoire remportée sur la mort ? ... Poser la question, c'est y répondre.
"Que devons-nous faire alors pour être sauvés, et pour amener les âmes de nos frères au salut ?..." N'est-ce pas la pensée anxieuse de vos bonnes volontés ?... Jésus a répondu : "Si vous ne mangez ma chair et si vous ne buvez mon sang, vous n'aurez point la vie en vous" ; Il ajouta (et toute la sève de Sa doctrine est contenue en ceci) "La chair ne sert de rien, c'est l'Esprit qui vivifie. Les paroles que je vous dis sont Esprit et Vie".
Chère Maman, ceux qui, dans la chair, sont morts, ne produisent pas la vie de la chair, et ceux qui, en esprit, sont morts, ne feront pas naître l'esprit ! Or, vous avez perdu le contact intime avec l'Esprit de Jésus ; vous ne mangez plus sa chair, vous ne buvez plus son sang ! Le mariage divin n'est pas consommé, vos âmes sont veuves sans avoir été épouses... vous serait-il possible, par conséquent de propager la vie autour de vous ?...
Jetez-vous, pleins de repentir, au pied du Trône symbolique où vous attend l'Amour miséricordieux, et réclamez de nouveau l'union réalisée et féconde entre votre âme et l'Esprit, qui, seul, peut susciter les grandes lumières révélatrices, dans les plus petits détails des vies consacrées. Lorsque vous vous serez rassasiés du Pain vivant et du Breuvage spirituel, indispensable à votre effort, vous deviendrez désormais capables de produire et de répandre la vie ! Une fois de plus, comme devant les Femmes qui virent le Christ sorti de son tombeau, les Cieux s'ouvriront pour montrer aux âmes tremblantes les légions de l'armée céleste, les anges, torches éternelles... et les esprits déjà glorifiés... et ces rayons qui entourent de clartés toujours grandissantes, vos biens-aimés eux-mêmes.
Ce ne sera pas par vos moyens sensoriels que ces visions, propulsives de foi, vous seront accordées, mais par la force agissante de l'Esprit en vous, qui exaltera votre âme jusqu'aux possibilités les plus transcendantes, ainsi qu'il en fût aux jours où naquit l'Eglise.
De l'autre côté du voile, nous attendons, remplis d'une tendresse impatiente, l'effort que Dieu réclame de vous pour accomplir cette communion bénie ; déjà, parmi vous, certains coeurs tressaillent, au nom d'une voix aimée qu'ils croyaient muette pour toujours... et des fronts se lèvent... et des yeux scrutent les replis épais du voile qui nous cachent encore à vos regards ! Déjà, des lèvres ont murmuré nos noms, avec un espoir plein d'émotion expectante... et déjà ! déjà ! il en est, chère Maman, qui ont reçu la réponse si anxieusement désirée !..., Déjà, des mères ont vu s'ouvrir le mystère du Ciel... et ceux qui pleuraient dans l'obscurité des espérances bien lointaines malgré les certitudes de la foi, ont compris les glorieuses paroles du Sauveur : "Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants".
Les grâces du Père qui aime, qui veut le bonheur de ses fils, vous les avez négligées si longtemps, que leur réalité s'évanouissent dans un passé de légendes ! car "après avoir commencé par l'esprit, vous finissez par la chair". Les voilà ces grâces... les voilà chère Maman ! "Christ est le même éternellement", et tout ce qu'Il a donné à ses témoins fidèles, Il l'a donné pour tous et pour toujours.
Les mystères du Ciel, vous ne les connaîtrez jamais intégralement avant la délivrance ; votre faiblesse incompréhensive n'en a pas besoin ! mais les paroles et les promesses du Christ ont été réalisées sur la terre, et vous avez reçu le Consolateur : "N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu", car, quand vous vous convertirez au Christ, "le voile sera ôté".
Ton petit Pierre
Lettre de Pierre / Tome II / Pages 299-304
Oh ! ma petite Maman, le doute est un élément de destruction et de ruine, mais celà vient uniquement de ce que, lorsque vous doutez (soit dans un ordre d'idées ou dans un autre), le plus souvent, au lieu de saisir ce doute " à la gorge", dans une lutte pour la vie ou la mort, vous le laissez poser sur votre poitrine un pied vainqueur, avant même d'avoir commencé la bataille. Quelle lâcheté avilissante vous verriez en cette absence d'énergie, s'il s'agissait de toute autre lutte !... s'avouer vaincu et rendre les armes sans combattre ! de quel nom stigmatiseriez-vous cette conduite, si un soldat, aux prises avec l'ennemi, l'adoptait au mépris de son honneur!... et cependant, dans la lutte pour la conquête de la foi, cette attitude inqualifiable est constamment la vôtre.
J'ai dit que le doute était, au premier chef, une cause d'anéantissement et de diminution morale ; le doute est une inspiration venue des plus sombres régions de la pensée humaine. Le doute, en effet, prend le plus souvent la forme de l'orgueil, établissant les conceptions de l'homme sceptique en maîtresse de la raison ; il croit tout savoir... ou plutôt mieux savoir... ce qui est encore plus égocentrique que l'omniscience supposée. L'homme qui doute, met son intelligence au-dessus des connaissances plausibles, et les réfute en bloc, alors même que d'autres intelligences les avaient admises. Il y a pourtant certains doutes qui sont le partage des humbles... ah! que ceux-là prennent confiance ! dans sa parabole, le Christ a montré la récompense de l'humilité dans la foi, lorsqu'Il répéta les paroles du péager : "O Dieu ! sois apaisé envers moi qui suis un pécheur !" Jésus ajoute : "Celui-ci s'en retourna justifié dans sa maison". Nous voyons ici le doute de soi, et non plus le doute, plein d'outrecuidance, qui vise à détrôner Dieu.
Chère Maman, il y a certainement, parmi ces sceptiques, des sincères, qui se disent : "Comment admettre pour règle de vie autoritaire et "déflagrante", (j'entends par là, qui soit à la fois brûlante, lumineuse, et révélatrice des mouvements profonds de l'être) une philosophie, douce et austère, mais qui exige de l'homme les plus grands sacrifices - ceux de la pensée et de la chair, de tout l'égo humain en un mot - pour substituer l'esprit de cette "personne morale" à l'esprit naturel de l'homme. De plus, cette philosophie prétend être la force agissante qui, au nom d'un Supplicié, sera seule capable de donner à l'humanité égoïste, orgueilleuse et cruelle, les capacités morales suffisantes pour l'amener à la bonté, à l'humilité et à l'amour !". Tel est le raisonnement, et il faut avouer qu'il semble logique, puisque la nature animale persiste dans l'évolution humaine. Ne crois pas que je fasse ici allusion à une animalité semblable à celle des êtres inférieurs, et qui aurait été l'état primaire de l'homme : je t'ai déjà dit que la race humaine a toujours été humaine, au temps même où l'homme, (je fais ici une distinction entre "l'homme individu" et "l'humanité, race") où l'homme ressemblait à l'animal qui évoluait à ses côtés : c'était toutefois par la partie matérielle de son être, de son intelligence, de ses instincts, de ses moyens, par son corps aux profondeurs endormies, mais que l'étincelle divine allait réveiller.
Chère Maman, j'affirme que, malgré la vraissemblance du scepticisme honnête, il reste cependant une possibilité de lâcheté mentale et morale dont je t'ai parlé plus haut, lorsqu'un être pensant se reconnaît vaincu par les difficultés de croire, puisque, parmi ses frères dans la famille humaine, tant de chrétiens, convertis jusqu'au centre de leur conscience, de leur intellect et de leur âme, rendent témoignage à leur foi ! Mais il est certain que, tout comme la révélation messianique fût jugée indispensable par Dieu Lui-même, pour prouver son amour et authentiquer son pardon, le témoignage des chrétiens doit revêtir une forme visible et démontrable, dans le but de faire naître des certitudes assez fortes, qui convaincront... qui convertiront... les plus irréductibles entre ceux qui refusent de s'associer à l'armée des soldats du Christ.
J'en reviens toujours à ceci : "le monde n'est pas éclairé, le monde n'est pas transformé, le monde ne sait pas aimer, ni recevoir les dons pleins de consolation, promis dans l'Evangile, le monde, chère Maman, n'est pas sauvé... parce que les disciples du Christ ne sont pas des témoins fidèles, dont l'exemple serait la plus forte preuve qui se puisse donner, de l'efficacité, de la puissance, et de la vérité magnifique de leur foi.
Aussi voyez-vous les divisions, l'indécision et les querelles, agiter l'Eglise. L'un dit : "Je suis de Paul, et l'autre : Je suis d'Apollos".
"Non", répondit l'apôtre aux chrétiens de Corinthe, "vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu".
Cette unité essentielle du corps de Christ qui forme l'Eglise, est réalisée dans le Ciel, doit être réalisée sur la Terre... c'est l'Eglise universelle, l'Epouse chaste qui ne connaît qu'un seul amour.
Que Paul eût à faire ce reproche à Corinthe, nouvellement née aux vérités chrétiennes, ceci ne peut nous surprendre ! mais les chrétiens qui peuplent la Terre, à l'époque où nous vous envoyons ce message du Père, méritent la même douloureuse remontrance !... ces divisions et cette intransigeance orgueilleuse dans vos conceptions théologiques, causent la faiblesse des conversions par l'Evangile tronqué, que vous "enseignez aux nations". Vous prêchez l'amour, ô ministres du Rédempteur, et vous ne savez pas même vous aimez les uns les autres !... Vous croyez à l'amour, brebis du Bon Berger, et vous pratiquez la haine !... Vous anathèmatisez la mondanité, la frivolité et ses vices, disciples de Celui qui n'a pu être "convaincu de péché", et vous admettez toutes les complaisances avec le Mal ! ... Serez-vous surpris alors, de la pauvreté démonstrative de votre foi ?... cette "sagesse" qui doit être celle de Dieu, et confondre les "choses fortes" du monde elles-mêmes !
De la veulerie des chrétiens, est sortie l'indifférence aux questions vitales de la science transcendante des problèmes de l'âme et du Ciel, qui doit conduire l'homme jusqu'aux marches du trône de Christ... "la ressemblance de trône sur lequel règne la ressemblance d'un homme", ainsi que, dans une vision magnifique, le prophète a prévu la gloire du Sauveur qui devait venir. Cette image, chère Maman, est bien le symbole de la vérité, telle que nous apprenons à la connaître dans notre sphère, gouvernée si spécialement par le Parfait-Amour ; la ressemblance de Trône, c'est la puissance du Christ-Dieu, et la ressemblance d'homme c'est Sa tendresse humaine, éclairée par Son épreuve terrestre.
Mais ces spectacles révélateurs, vous ne savez plus les obtenir de la faiblesse de votre foi ! Serait-il possible à une foi aussi diminuée, infirme, impotente, puis-je dire, de prouver, par des miracles au nom du Ressuscité, la victoire remportée sur la mort ? ... Poser la question, c'est y répondre.
"Que devons-nous faire alors pour être sauvés, et pour amener les âmes de nos frères au salut ?..." N'est-ce pas la pensée anxieuse de vos bonnes volontés ?... Jésus a répondu : "Si vous ne mangez ma chair et si vous ne buvez mon sang, vous n'aurez point la vie en vous" ; Il ajouta (et toute la sève de Sa doctrine est contenue en ceci) "La chair ne sert de rien, c'est l'Esprit qui vivifie. Les paroles que je vous dis sont Esprit et Vie".
Chère Maman, ceux qui, dans la chair, sont morts, ne produisent pas la vie de la chair, et ceux qui, en esprit, sont morts, ne feront pas naître l'esprit ! Or, vous avez perdu le contact intime avec l'Esprit de Jésus ; vous ne mangez plus sa chair, vous ne buvez plus son sang ! Le mariage divin n'est pas consommé, vos âmes sont veuves sans avoir été épouses... vous serait-il possible, par conséquent de propager la vie autour de vous ?...
Jetez-vous, pleins de repentir, au pied du Trône symbolique où vous attend l'Amour miséricordieux, et réclamez de nouveau l'union réalisée et féconde entre votre âme et l'Esprit, qui, seul, peut susciter les grandes lumières révélatrices, dans les plus petits détails des vies consacrées. Lorsque vous vous serez rassasiés du Pain vivant et du Breuvage spirituel, indispensable à votre effort, vous deviendrez désormais capables de produire et de répandre la vie ! Une fois de plus, comme devant les Femmes qui virent le Christ sorti de son tombeau, les Cieux s'ouvriront pour montrer aux âmes tremblantes les légions de l'armée céleste, les anges, torches éternelles... et les esprits déjà glorifiés... et ces rayons qui entourent de clartés toujours grandissantes, vos biens-aimés eux-mêmes.
Ce ne sera pas par vos moyens sensoriels que ces visions, propulsives de foi, vous seront accordées, mais par la force agissante de l'Esprit en vous, qui exaltera votre âme jusqu'aux possibilités les plus transcendantes, ainsi qu'il en fût aux jours où naquit l'Eglise.
De l'autre côté du voile, nous attendons, remplis d'une tendresse impatiente, l'effort que Dieu réclame de vous pour accomplir cette communion bénie ; déjà, parmi vous, certains coeurs tressaillent, au nom d'une voix aimée qu'ils croyaient muette pour toujours... et des fronts se lèvent... et des yeux scrutent les replis épais du voile qui nous cachent encore à vos regards ! Déjà, des lèvres ont murmuré nos noms, avec un espoir plein d'émotion expectante... et déjà ! déjà ! il en est, chère Maman, qui ont reçu la réponse si anxieusement désirée !..., Déjà, des mères ont vu s'ouvrir le mystère du Ciel... et ceux qui pleuraient dans l'obscurité des espérances bien lointaines malgré les certitudes de la foi, ont compris les glorieuses paroles du Sauveur : "Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants".
Les grâces du Père qui aime, qui veut le bonheur de ses fils, vous les avez négligées si longtemps, que leur réalité s'évanouissent dans un passé de légendes ! car "après avoir commencé par l'esprit, vous finissez par la chair". Les voilà ces grâces... les voilà chère Maman ! "Christ est le même éternellement", et tout ce qu'Il a donné à ses témoins fidèles, Il l'a donné pour tous et pour toujours.
Les mystères du Ciel, vous ne les connaîtrez jamais intégralement avant la délivrance ; votre faiblesse incompréhensive n'en a pas besoin ! mais les paroles et les promesses du Christ ont été réalisées sur la terre, et vous avez reçu le Consolateur : "N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu", car, quand vous vous convertirez au Christ, "le voile sera ôté".
Ton petit Pierre
Lettre de Pierre / Tome II / Pages 299-304


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